La littérature francaise du XVIII ème. siècle
Introduction
Dans cette étude consacrée à une période mouvementée et riche d´idéologie, il va tout d´abord me falloir d´éclaircir cette expression: Le siècle des lumières. Il est donc souhaitable que nous prenions en considération cette lutte philosophique contre le principe d´autorité qui a pour but de faire triompher les lumières; c´est à dire l´esprit scientifique, la raison, la liberté, la tolérance, le progrés et la justice sociale. Je me demande si cette période apportera entière satisfaction au peuple et à la bourgeoisie à travers les critères mentionnés par les écrivains du siècle philosophique.Cetteconstatation formera le point central de mon analyse.Il nous va de suivre les différents chapitres de cet exposé, qui correspondent à quatre périodes décrivant les faits précis qui allaient influencer le XVIII ème siècle en littérature. L´auteur commence son livre par une explication sur le siècle des lumières pour le conclure par l´Europe francaise. Nous observons les quatre périodes suivantes: La génération de la Régence (1720), celle de l´Encyclopédie (1750), celle de Louis XVI (1770) et pour en finir avec la générationrévolutionnaire (1790).
Pour Montesquieu, Voltaire, Rousseau et bien d´autres écrivains de ce siècle, la certitude des faits et l´expérience quelqu´elle soit, permettront à l´homme de se rendre utile, de trouver un sens à son existence et de s´en faire un bonheur individuel. Cette critique des hiérarchies sociale et religieuse, élabore un humanisme orienté sur la valeur de l´individu et le déclin de la féodalité au profit de la bourgeoisie. La lucidité de penser et la clarté d´expression tant évoquées chez Montesquieu et Voltaire, permettront au peuple de se défaire des griffes de la souveraineté absolue du siècle précédent et de s´accorder une liberté méritée. Je m´interroge aussi sur la faculté au moyen de laquelle l´homme peut juger et connaître et que Voltaire nous laisse voir dans l´esprit des lois ce qui résultera en une Europe francaise et aidera au rayonnement de la langue et de la culture francaise grâce à son esprit cosmopolite qui domine le sentiment national.
L´Encyclopédie ou ce dictionnaire rassemblant toute connaissance avait pour but d´élever le niveau de l´éducation. Les sciences, la philosophie et les techniques devaient être mises au service de tous par la répartition des principes de l´Encyclopédie. Les qualités de la culture francaise mélées à une langue lucide ont aidé à répandre les lumières de cette période exceptionnelle qui malheureusement aboutissera à la décadence de la nation qui sera la cause principale de la révolution de 1789. Tout en essayant de me consacrer à cette philosophie du XVIII ème. siècle, j´ai éprouvé de la peine à m´acquitter de ces pensées divergeantes par manque de connaissances approfondies sur cette philosophie.
Compte-rendu
Le siècle des lumières
Laissons nous tout d´abord analyser l´expression ”Les Lumières”, son origine et la raison pour laquelle l´esprit de pensée allait être éclairé. Est-ce-que les connaissances, le savoir, l´intelligence allaient devenir un tout à la mode permettant d´éveiller et d´éclairer les pensées et les idées du moment?
Voltaire a dit que ”c´est du Nord aujourdh´ui que nous vient la lumière” (p.7), évoquant le despotisme éclairé du régime prussien et la philosophie cherchant une nouvelle conviction dans l´inconnaissable pour se justifier, en sorte, une disposition à croire et à affirmer.
L´Encyclopédie a joué un rôle important dans cette lutte philosophique pour l´information et la communication étant donné que les écrivains ”ont reconnu la primauté du bien social” (p.8). Saulnier ajoute que leur préocupation pour l´humanité s´est affirmée être claire et percante. Marivaux a exalté la beauté qui d´après lui dépendait d´autre chose comme l´évolution. Voltaire nous montre que le milieu dans lequel nous vivons, nous soumet à certaines réflexions sur la religion, les préférences, la vertu, la liberté, la vie de tous les jours. La raison mène à un progrès évident pour la plupart des philosophes de ce siècle et que Marivaux confirme en disant ”que le goût peut connaître des décadences mais la pensée est un progrès indéfini et constant” (p.9). Le bonheur de chacun était sous le joug de la législation. La vertu et le bon sens seront à l´avantage de chacun et la société de l´époque y veillera. Son rôle sera alors de changer les impératifs. Il lui faudra répandre la lumière sur l´instruction et l´organisation sociale. Ce n´est que par des réformes que l´on puisse y arriver et attribuant à l´individu des sentiments de joie et conscience, ”pour faire le bonheur de tous, on veut être compris de tous” (p.11). L´encyclopédie aidera à atteindre ce but afin de favoriser à la vie humaine.
La réflexion des philosophes ”se porte avec prédilection sur le domaine politique et social” (p.11) afin de mettre en pratique la raison et de faire que ce domaine s´ouvre à l´esprit critique. La légitimation du réalisme ne peut que se faire indépendamment de l´esprit. Les activités dans les salons et dans les cafés donnaient aux gens la possibilité de transformer les moeurs actuelles et que le ”ferment philosophique se répande en province” (p. 12). On voit là un bouleversement de l´administration francaise. Le changement est indiscutable et la vie humaine avec lui, pendant que la religion se heurte à de gros problèmes qui amèneront à la lutte antiprotestante.Les controverses de Voltaire sur la politique, les sciences et la littérature font calmer le désordre du moment. Les hommes de lettres se sentent défavorisés par les conditions dans lesquelles ils s´adonnent à la philosophie.
La génération de la régence (1720)
Le XVIII ème siècle commence par la raison et le charme. Nous allons donc examiner cette première période d´après Saulnier, à travers Marivaux et son analyse nuancée des sentiments amoureux, un Montesquieu et un Voltaire aux prises des problèmes de leur temps comme l´esprit des lois et de la politique.
Les années 1720-1750 nous laissent voir l´affaiblissement de l´autorité francaise après la mort de Louis XIV et avec lui le recul du classicisme et de la souveraineté. Le renouveau dans tous les domaines ne se laissera pas attendre. La lutte philosophique si bien débattue dans les salons et cafés fera triompher ”les lumières”. On peut vraiment délibérer sur cette opinion publique dont les cafés et les salons entretenaient son développement. L´objectif de ces cercles à la mode était de faire progresser ce nouveau humanisme sur l´action et l´efficacité sociale au détriment de la cour. Quant à la poésie, elle fait preuve de sérieux et de savoir-faire quoiqu´on ne l ´apprécie pas et qu´on ne la comprenne pas. La scène théâtrale est dominée par la tragédie. La moralité des choses revient à la mode. Le roman nous donne un apercu sur l´analyse psychologique, les moeurs et la condition humaine. Marivaux crée son propre art d´analyse nuancée sur la réalité humaine, d´esprit classique et d´expression élégante. Il fonde l´école de vérité où il essaie de s´infiltrer dans le secret des apparences et de décrire ce qu´il voyait tel quel, dans le moindre détail, tout en étant conscient de sa propre personne. La condition de la femme était un autre sujet abordé par Marivaux vu l´exploitation du sexe féminin et l´éducation des femmes qui le toucha à coeur. Ce romancier et auteur dramatique, aux comédies amoureuses, au rire et à l´émotion a montré beaucoup de subtilité et de profondeur et ” peut-être, plus qu´un génie, Marivaux est-il en fin de compte un virtuose, comme le violoniste capable de tout jouer sur la quatrième corde” (p.23). En comparaison du théâtre, Marivaux écrit sur les émotions et les sentiments amoureux qu´il découvre par ses explorations du corps humain et ” s´attache à montrer le sérieux de la vie, la gravité requise dans la solution de problèmes qu´une génération trop souriante tendait à commodément oublier” (p. 26).
Montesquieu (1689-1755) est l´homme au sens de la classification et de l´ordre à l´esprit des lois et à la réflexion profonde et continue. Son goût pour le juridique lui provient certainement du milieu natal. Son intérêt pour la politique l´amena à étudier la grandeur des gouvernements. Le culte du travail, de la patrie et la soumission à la discipline sont pour lui des éléments importants à la réussite d´une nation. Il a beaucoup étudié les institutions et les moeurs francaises. Sa réflexion s´est traduite par une clarté d´expression et une lucidité de pensée très appréciables. On le considérait comme un homme de grande honnêteté et intégrité ayant la faculté des observations rigoureuses, des devoirs de la morale et de la politique. Son grand succés, Les Lettres Persannes, décrivent les moeurs du peuple francais aux yeux des orientaux là où les critiques
morales, religieuses et politiques sont exposées au public. Dans L´Esprit des Lois, ce vaste ouvrage aux études des lois en rapport à ce qui forme les réalités d´un pays comme son gouvernement, son commerce, ses moeurs c´est à dire la réalité des choses. Auparavant, il avait exercé des études avancées sur la grandeur et la décadence de l´empire romain en s´attachant aux faits réels de ce qui s´était passé. Il s´efforce de ”reconstituer toute la série des intermédiaires qui rattachent les événements à des causes profondes et il institue ainsi le déterminisme historique”, (Catex, Surer & Becker p. 399). Il en explique que ”le règne du caprice deviendra la cause majeure de décadence” (Saulnier, p. 32). L´Esprit des Lois représente un ensemble aux éléments constitutionnels politiques des nations. Montesquieu a écrit que ”la vérité est dans l´observation, l´ennui dans le système” (p 35). Il a mis en priori l´humeur et a affirmé que ”tout est dans la facon dont nous prenons les choses” (p.39). Il faut faire preuve de bonne morale et de s´accomoder à la vie. Il trouve que le respect de soi-même et de la personne humaine fait que l´on se rapproche les uns des autres. Le dénouement est à la base de la morale, de la société et du bonheur. Il te faut prendre la critique d´une facon plaisante. Ses sentences sur l´humanité sont de très grande qualité de part son honnêteté et la vérité de sa philosophie.
Voltaire (1694-1778) est le critique par excellence, dénoncant les abus de la justice et les excés du fanatisme religieux. Il s´en prend aux problèmes universels et à la destinée des êtres humains. Le début de sa carrière d´écrivain s´annonce mouvementée ce qu´il nous fait remarquer dans ses poèmes. Il se tient dans les salons de l´époque et fréquente la haute société. Il se met à la littérature anglaise pendant son séjour en Angleterre et retourne en France pour y faire du théâtre. Ses voyages ne font que cesser. Ses malentendus, querelles et disputes continuent. Au théâtre, les tragédies l´attirent. Dans ”Zaïre”, on peut y voir du renouveau, une nouvelle structure comme dans d´autres oeuvres. La mise en scène se transforme par le décor et devient alors ”une tribune où il prêche comme
ailleurs, la vérité philosophique, la critique des préjugés et des abus” (p.41). Il s´emploie de son théâtre pour revendiquer les droits du peuple, justifiant son goût pour la civilisation et recherchant les plaisirs de la vie. Son théâtre devient une institution où les grands problèmes métaphysiques y sont traités. La morale. la grandeur, la religion, la politique, la liberté se retrouvent aussi dans sa poésie. Même que la critique des institutions francaises est évoquée à travers ses lettres philosophiques anglaises. Disons qu´il a été l´homme des controverses, de la séduction, des comtes orientaux.
La Génération de l´Encyclopédie (1750)
Cet ouvrage soulevant le grand débat afin de répandre les connaissances en tout domaine, à l´opinion publique sera la preuve de la crise du siècle, nous donnant un apercu de la situation actuelle (1750-1770). Le règne de Louis XV connaît une grande popularité pour s´affaiblir petit à petit. Le mécontentement ne fait qu´accroître, sur les finances, les sentiments, le gouvernement. Les autorités aux idées divergeantes n´arrivent pas à se réconcilier. Il en est de même dans d´autres pays européens où les alliances sont dissoutes et les guerres ravagent les pays. Le prestige de la France est compromis après la guerre de sept ans (1756-1763) et la victoire de Fréderic II. Au niveau des colonies, l´affrontement entre la France et l´Angleterre se conclue par la chute de l´empire colonial francais.
Les cercles renforcent les discussions philosophiques. ”Les journaux sont hostiles aux philosophes” (p. 47). Au théâtre, le drame tourne à la philosophie avec Beaumarchais et Marivaux, Diderot et Voltaire et bien d´autres voulant attendrir et moraliser le peuple et la bourgeoisie en essayant de les toucher des désirs qu´ils éprouvent. Les controverses se font fréquentes au théâtre. Le public se sent défavorisé et montre un certain dédain pour la philosophie.
Le goût de la science est élaboré par Buffon dont la philosophie est très expressive dans ses oeuvres. ”Rien ne serait plus faux que de diviser le siècle en deux moitiés: dont l´une serait raisonnable, avec Voltaire, l´autre sentimentale, avec Rousseau” (p. 50). Saulnier nous parle de l´association du coeur et de l´esprit, de l´émotion et l´idée. Il ajoute que le Point
des larmes devient une véritable mode. La philosophie s´attache à la nature dont Rousseau devient le porte-parole.
Vauvenargues (1715-47) est l´écrivain aux déceptions quelqu´elles soient et à la réflexion. C´est un solitaire qui a beaucoup appris par soi-même. Son expérience se traduit dans ses oeuvres aux idées morales où il s´interroge sur la dignité de l´être humain qui est un mérite de la nature provenant du coeur et étant une source de lumière formant la raison même.
Diderot (1713-84), le philosophe et l´animateur de l´Encyclopédie, fondant le matérialisme moderne avec d´Alembert et Helvétius sans jamais exactement savoir où l´on en est avec lui vu le désordre et la contradiction de ses pensées qui le flattent d´une grandeur sans limite. Il niait l´existence de l´âme, de l´au-delà et de Dieu pour ne se fier qu´à la manière de vivre comme la seule réalité qui compte. Il a vécu un temps de bohême accomplissant divers travaux ca et là, montrant par la suite un grand intérêt pour la philosophie et l´Encyclopédie dont il en devint l´animateur. Il était considéré comme un naturaliste de grand talent. Sa croyance en Dieu s´amollit peu à peu et s´effaca vers 1770. Il s´adonna à la nature, à la réalité des choses qu´il espérait éclaircir par ses recherches. ”L´homme est le terme unique d´où il faut partir et auquel il faut tout ramener” (p. 58), a t-il dit. Il a vu dans l´unité sociale les règles à suivre pour faire le bien et éviter le mal. Il a rejeté l´égoisme pour la solidarité et a annoncé la justice comme la seule vraie vertu. Diderot a été un novateur dévoué à la moralité et à la régle de nos actions que celle ci nécessite. Au théâtre il a essayé de démontrer la vérité de ses théories, évoquant les régles du drame. Diderot s´en fut aimé des uns par sa passion et mal aimé des autres par la facon de raisonner.
La querelle philosophique: L´Encyclopédie est le dictionnaire, l´assemblement des idées philosophiques, de l´art, des sciences et des nouvelles techniques du XVIII ème siècle qui avait pour objectif d´informer, d´éveiller au public le savoir de l´être humain et le renouveau des recherches contemporaines. ”Les grandes disputes restent dans le domaine de la pensée” (p 65). Les paroles deviennent plus
amères et violentes sur les pensées à cause du désaccord des uns et des autres. On s´emploie de vers satiriques exprimant des railleries mordandes et des critiques vivantes. On riposte, on change de camp, on coupe les liens. Les conspirations sont d´intérêts variés.
L´Encyclopédie, cette oeuvre de Diderot et bien d´autres, inspirée par l´anglais Chambers (1728) ne plaisait pas à tous. Son but était de mettre des connaissances techniques, scientifiques et philosophiques à la portée de tous afin de répandre les lumières sur le XVIII ème siècle et d´en faire un progrès perpétuel pour l´humanité. Le traité d´Helvétius ouvrira la voie du développement de l´homme conscient à son éducation et l´élever à la bonté des choses pour lui faire connaître une vie raisonnable dans la vertu et la vérité du naturel.
Voltaire, le chef de file de la philosophie du XVIII éme siècle attaquera le ridicule les vices de la société et la destinée du monde. Ses oeuvres le feront maître de cette philosophie. ”Sa grande préoccupation est politique et juridique autour de 1750 puis religieuse (1753-60)”. Il connaît un succés énorme à travers ses contes et ses dialogues. Il est resté sur ses gardes, répondant aux multiples attaques de ses compatriotes et ennemies ”guettant partout le désir de justice et l´abus de pouvoir (p.76)”. Il veut faire régner l´esprit des lois et la liberté d´autrui. Sa correspondance est la preuve de son engagement pour tous. ”A base de tolérance, de morale pratique et de science”, il accepte les uns et les autres comme ils sont et pense qu´ils deviendront meilleurs par le progrès et la liberté dans n´importe quel domaine. Faisant tord à l´âme, il a été critiqué mais l´importance de son oeuvre restera indiscutable pour l´humanité.
Rousseau fera tord à beaucoup de philosophes, retournant sur l´antiquité et la nature, freinera le progrés du réalisme, évoquera l´émotion et la sensibilité, ouvrira la voie de la poésie et du romantisme. Il sera accusé le reste de son existence par les encyclopédistes et les philosophes de ce siècle. Il s´appuie sur les principes de la Renaissance pour affirmer que les vertus n´existent plus. Le progrès des ”lumières” et de la raison a nui aux bons moeurs. ”Le progrès des savoirs a corrompu les hommes” (p.81). Rousseau est contre la propriété qui favorise l´inégalité. On peut dire que l´émotion, la nature, la vertu et le rêve forment un élément important
dans sa philosophie. On le traque, l´afflige de calomnies après divers ouvrages qui remettaient à jour les théories des uns et des autres, s´attaquant en premier lieu au progrès si bien illustré par Voltaire, Montesquieu, Diderot etc… Il écrit que ”l´histoire de l´homme en société montre la décadence du naturel, de la vertu et du bonheur”. Ses pensées nous guident vers la sérénité, la providence tout en étant attentif à la beauté et l´agrément et à écouter les paroles de son coeur et de Dieu. Dans le rêve et l´imagination, il y trouve l´évasion et la libre expression de la sensibilité.
La génération de Louis XVI (1770)
L´intérêt pour la philosophie se renforce non seulement dans les salons mais aussi dans les cafés fréquentés par la classe populaire. On y voit le même phénomène en province. Grâce au journalisme, l´information se répand par les gazettes, les livres, les journaux dans les milieux populaires. L´éducation des gens s´intensifie, la tolérance s´élargie et la liberté de presse se développera. La France suivra le modèle révolutionnaire de L´Amérique. Les controverses philosophiques restent toujours au grand nombre mais le bonheur du citoyen, le bien commun, l´égalité sont des exigences demandées par les philosophes. Le gouvernement perd du terrain, le pouvoir royal est attaqué en même temps que la dénonciation de la corruption des moeurs devient une réalité. Cette dégradation ne fait que s´aggraver par l´effondrement de l´autorité et la crise financière.
La philosophie du temps de Louis XVI pourrait se traduire par ”le devoir d´être heureux, celui d´imposer sa personalité, celui de réformer la société et de revenir à la nature” (p.93). Ce sont les mots du moraliste Restif de Bretonne qui a repris ce que Diderot avait entamé en évoquant le pittoresque de la réalité.
Les moralismes annoncent le romantisme, chacun à sa facon en écrivant sur les moeurs.Beaumarchais lui, annonce l´état de
l´opinion francaise à la veille de la révolution, par ses célébres satires dans le Barbier de Séville et la mariage de Figaro, du fait qu´il défie les moeurs traditionnelles. Les réformes sur le bien-dire et les régles ne se laisseront pas attendre.
Quant à la philosophie de Chamfort (1741-94), elle se dit pessimiste en prétendant que ”le genre humain est mauvais de sa nature, est devenu plus mauvais par la société. Chaque homme y porte les défauts” (p.101). Tout se traduit par le mal, se détériore à la longue et se détermine par un mépris d´autrui. Il ajoute qu´il faut ”être l´homme de son coeur, de ses principes, de ses sentiments” (p. 103). Le respect de soi-même et celui d´autrui demandera des devoirs de justice et de morale, d´une grande intégrité et honnêteté. Chamfort a marqué la fausseté et la corruption de son temps, la falssification dans tous les domaines attendant lui aussi un tournent décisif de l´histoire dans la révolution.
Le préromantisme s´annonce en Angleterre et dans le Nord contre les traditions classiques. On se sent supérieur d´esprit à l´évocation du pittoresque, de la tendresse, des sentiments éveillés par Rousseau, Richardsson, Helvétius, Bernadin de St Pierre, Paul et Virginie. Les tendances en sont au populaire, la simplicité, la candeur et la qualité. On se lasse des méthodes aristocratiques, de la bourgeoisie et se tourne vers la nature, la rêverie et le sentiment au détriment de la raison et du concret.
La génération révolutionnaire (1790)
La proclamation des droits de l´homme et le recueillement des lettres dans son étude parmi bien d´autres événements marquent la suite de la révolution. En politique, on se met au bien dire en même temps que le journalisme connaît une plus grande liberté d´expression. Du progrès, de l´action et du bonheur, on en tire les vérités que nécéssitent bien sûr des observations et de l´expérience ce qui lancera le mouvement positiviste du siècle suivant.
Chénier (1762-94), poéte de grand talent et d´un savoir exceptionnel ne se fiait qu´aux impulsions de ses goûts sur la civilisation grecque. Il est devenu un partisan de la révolution par les idées nouvelles du moment. Défendant la cause de Louis XVI et étant hostile aux Jacobins, il est condamné à mort et sera glorifié à travers ses oeuvres.
Rivarol (1753-1801), exprimera la valeur de la langue francaise par sa clarté et sa logique. Sa critique de la philosophie moderne est accablante. Le bonheur, l´égalité, la déclaration des droits de l´homme sont pour lui que des illusions.
Mme de Staël en exil en Allemagne, engagera la littérature sur la voie du romantisme. Elle comparera la littérature à la dispersion du sentiment et la rêverie mélancolique à l´intensité du sentiment, en un mot celle du Nord à celle du Sud et constatera que ”chez nous la littérature classique est transplantée: il faut revenir à la littérature indigène, qui est romantique” (p.122).
Chateaubriand restaurera l´idéal chrétien vers le romantisme. Cet écrivain orgueilleux et d´honneur renouvellera le sentiment de mélancolie et de la nature. Il est épris par l´enchantement de l´imagination et laisse parler son coeur. La beauté et la bonté sont les atouts importants de sa philosophie.
L´Europe francaise
Grâce au rayonnement de la langue francaise, on pouvait dire que L´Europe était influencée par la culture francaise. L´esprit cosmopolite sur tout le territoire était la cause majeure de cette influence. L´Angleterre, L´Allemagne, L´Autriche pouvaient former un tout avec la France. La lucidité du francais, de sa philosophie et de sa culture contribuera à la bienveillance et au bonheur des peuples. L´entretien des relations européennes se manifestera dans les salons parisiens. L´émigration francaise renforcera l´esprit d´entente et de la raison dans les cours d´Europe. Cette philosophie des lumières aura des points d´attache un peu partout en Europe sauf dans les pays aux traditions classiques. Outre cela, le francais deviendra la langue diplomatique, les artistes et l´architecture feront aussi objet d´admiration. Sans imposer un style immuable quelqu´il soit, la France a su s´adapter aux traditions et moeurs des autres pays. Mais le changement n´est pas perpétuel. La réaction de ce rayonnement ne se laissera pas attendre. Les protestations contre le goût francais, les préférences, les moeurs et l´influence du romantisme affaibliront cette dominance au profit d´idées nationalistes et aux traditions du pays. La langue francaise avait même affecté une vertu, un sentiment qu´on n´a pas. Une prédominance allemande marquera l´apogée du siècle des lumières et de la philosophie.
Conclusion
Conclure tout un siècle d´histoire mouvementée et nuancée, ne peut se faire qu´ à l´aide de mots clés comme lutte philosophique, siècle des lumières, liberté et bonheur de l´individu, réformes sociale et juridique, esprit des lois, journalisme, sentiments et nature. Cette diversité d´idées et d´événements ne sera pas au bénéfice de tous mais ouvrira les portes de la France contemporaine en même temps qu´il nous sera possible de distinguer différentes périodes du XVIII ème siècle grâce à la richesse de sa philosophie.
Le siècle prit son élan dans la lutte contre l´autorité et finit par des réformes profondes dans tous les domaines. Nous pouvons constater que l´expansion industrielle, agricole, commerciale, routière et mécanique sont les conséquences de cet esprit scientifique qui à son tour a été fondé par la raison, l´observation, l´expérience et surtout évoqué dans l´Encyclopédie. Les lumières peuvent être finalement comparées à ces principes qui marqueront la grandeur de ce siècle.
Le soif de liberté éveillera la critique des moeurs et des institutions par l´esprit des lois, la raison et le réalisme poussé. L´expansion dans tous les domaines sera le fait le plus réel du moment. La philosophie saura s´y adapter et lancera par l´esprit des choses des mouvements de tout genre.
Nous avons pu nous rendre compte de cet esprit cosmopolite qui dominera le sentiment philosophique de cette époque pouvant faire allusion à cette citation: ”le parisien qui voyage en Europe s´apercoit à peine qu´il a quitté Paris” (p. 125).
L´Europe ne pourra pas s´empêcher d´y participer et ouvrira ses yeux et ses portes au rayonnement de la littérature, de la culture et des arts francais. Le journalisme, l´Encyclopédie, la poésie et le théâtre aideront à ce développement populaire. Une bourgeoisie trop dominante et un peuple plus consciencieux annonceront un tournant décisif de l´histoire par la révolution et la déclaration du droit de l´homme et du citoyen.
Finalement, nous affirmons que le XVIII ème restera le siècle des siècles dont l´idéologie éveillera un sentiment de liberté d´opinion et d´expression. En somme, il formera la base des disciplines de notre temps comme le droit et la gestion d´administration et donnera au citoyen une plus grande liberté de pensée, de conscience qui lui sera possible de manifester. Il facilitera au libéralisme propice aux grandes transformations industrielles tout en gardant l´esprit agricole francais.Le développement du commerce extérieur transformera l´économie du pays et concourera à la propérité de celui-ci.
Droits d´auteur : Jacky Mauduit
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